Au fil de l'eau à bord de ISLANDS COYOTE

Voyage autour du monde sur le catamaran Islands Coyote en famille. Départ du voyage : Ile Maurice.

45. Passage du Canal de Panama : Mars 2018

LE CANAL de PANAMA

ou plutôt  

LE PAS MAL de N’IMPORTE QUOI   !

 

 

Normalement le passage du Canal de Panama est très apprécié des navigateurs et c’est une très belle expérience  … Pour le passage, il est nécessaire de prendre des « Handliners » qui sont des équipiers qui reprennent ou lâchent les amarres dans les écluses et participent aux diverses manoeuvres. La coutume est en générale de se faire aider de copains de bateau qui doivent eux aussi passer le canal et leur rendre la pareille quand c’est leur tour. A cet équipage, s’ajoute « l’adviser», pilote fourni par le le Canal… Il y a 6 écluses en tout  : 3 premières côté Colon et 3 côté Panama City, entre les deux il y a le lac Gatun qui fait environ 30 miles de long (environ 60 kms) et qu’il faut donc traverser. En général le passage se fait en deux jours mais parfois en un seul jour. Techniquement, pour le passage des écluses, il est souvent prévu la formation d’un radeau composé d’un catamaran au milieu et de deux monocoques de chaque côté. Le Catamaran au milieu est chargé de faire avancer et stabiliser le convoi tandis que les monocoques réceptionnent les amarres et gèrent les montées ou descente dans les écluses.

Voici NOTRE expérience :

Le 25 février nous quittons Portobello pour Colon, et plus exactement le Flat, pour aller faire mesurer le bateau pour le passage du Canal. Cette première étape appelée « mesurment » ne dure pas plus d’une grosse demi-heure : Ils vous mesurent le bateau du bout dehors jusqu’au bas de la jupe et vous font signer tout un tas de papiers. C’est là aussi que l’on dit quelle position on souhaite avoir dans les écluses : nous choisissons au milieu d’un radeau ou à couple d’un remorqueur mais surtout pas contre le mur). 
 

Le Mesurage
Le MesurageLe Mesurage
Le MesurageLe Mesurage
Le MesurageLe Mesurage

Le Mesurage

Parallèlement, nous décidons de prendre un agent pour effectuer les autres formalités du passage (règlement….). Dès le lendemain, celui-ci nous adresse par mail notre date de passage : le 14/03/2018. Impossible de patienter ici pendant plus de 15 jours, le mouillage est trop pourri (ça pu et on ne peut pas se baigner !), nous remontons donc l’ancre pour retourner à Portobello, qui se trouve être un mouillage plutôt agréable…
 

Le mouillage de PortobelloLe mouillage de Portobello
Le mouillage de PortobelloLe mouillage de Portobello

Le mouillage de Portobello

Nous profitons de ces quelques jours pour faire deux bons « appro » pour notre prochaine traversée du Pacifique. Nous prenons le bus pour le Supermarché REY qui se trouve dans la Zone commerciale de 4 Alto (à environ 45 kms ou 2 heures de Portobello) et organisons avec eux un retour dans leur camion frigorifique… Pas mal non ? Tant qu’à faire on le fait avec des copains bateaux, c’est plus rigolo…
On en profite aussi pour faire la vidange des moteurs, réparer le feu de mat qui fait des siennes en ce moment, avancer dans le programme du CNED et partager quelques bons moments à l’apéro avec les copains…

 

45. Passage du Canal de Panama : Mars 2018

Le 13 mars notre agent nous informe que nous passons le lendemain à 5h du matin. Nos handliners, Emmanuelle, Laurent et Michel embarquent et à 13 h, nous levons l’ancre, direction Colon. Après une très belle navigation, nous jetons l’ancre devant la Marina de Shelter Bay pour récupérer les 4 amarres de 50 mètres et les 8 pare-battages fournis par l’agent. Il est 17h quand nous arrivons mais les amarres n’arrivent qu’à 20h, ça commence ! Ensuite, il nous faut nous rendre au Flat qui se trouve encore à 1/2 h de nav de là puis diner avant un coucher pas trop tard puisque demain il faut être debout à 4h00.
Le lendemain, « l’adviser » arrive à 5h tapante et il nous annonce que nous allons nous mettre en radeau avec les 3 catamarans qui sont là au mouillage, il y a un Catana 521 et un Lagoon 440. Il nous informe en plus que nous ne serons pas au milieu du radeau malgré que le Coyote est le plus grand des trois ! Pascal lui dit que c’est une mauvaise idée et que ce n’est pas possible de passer à trois catamarans de cette taille mais lui, répond, en ces termes, que ce sera peut-être difficile mais pas impossible ! 
Donc nous voilà partis, vers l’entrée du Canal, le jour n’est pas encore levé. Une centaine de mètres avant l’entrée de la première écluse, nous formons le radeau et nous voilà en route pour l’entrée. La progression est difficile car les bateaux ne vont pas forcément à la même vitesse et le Catana, qui se trouve au milieu, à tendance à aller un peu vite, sous l’autorité de son « adviser ». Et c’est là que ça se gâte…. Pascal informe notre « adviser » que c’est trop court de notre côté : l’entrée va être difficile… Mais non, il maintient que tout va bien, qu’il faut progresser. Devant nous, un énorme Roro (cargo de transport de voiture) est déjà en place dans l’écluse). Le convoi entre dans l’écluse et comme le prévoyait justement notre capitaine Pascal, nous nous retrouvons plaqué contre le mur, avec l’ensemble de notre équipage à tenter de pousser avec les pieds et les mains afin qu’on n’éclate pas le Coyote (pousser les 75 tonnes du radeau avec ses mains ou ses pieds relève de l’impossible !), les hurlements et les injures fusent, Pascal est fou de rage, moi aussi, « l’adviser » panique et ne sait pas quoi donner comme ordre. Le pire c’est que de l’autre côté du convoi, donc du côté du Lagoon, il y a bien 3 mètres de large entre le mur et lui, tandis que nous, nous sommes plaqués.  Et heureusement que l’on avait blindé la coque de pare-battages sinon on aurait détruit notre coque bâbord. En même temps les toulines ont été envoyées et les amarres renvoyées sur le haut de l’écluse. Ensuite, Le convoi part en crabe, du coup c’est la jupe bâbord qui est en grand danger, c’est la confusion totale : les trois « advisers » qui se trouvent sur chacun des bateaux donnent des ordres différents, ils sont incompétents ! Le convoi se remet en ligne et là, l’adviser principal donne enfin l’ordre après 30 minutes de combat de larguer le Lagoon, car c’est le seul qui peut à ce moment là sortir du convoi, afin qu’il se place seul dans l’écluse entre nous et le Roro. Donc, nous nous retrouvons à couple avec le Catana, du coup tout est sous contrôle et les portes derrière nous se referment alors. Le passage de la deuxième et la troisième écluse se passe bien, toujours à couple du Catana, nous nous larguons ensuite à l’entrée du lac Gatun. 

 

A couple avec les autres catamaran avant de rentrer dans les écluses...
A couple avec les autres catamaran avant de rentrer dans les écluses...A couple avec les autres catamaran avant de rentrer dans les écluses...
A couple avec les autres catamaran avant de rentrer dans les écluses...A couple avec les autres catamaran avant de rentrer dans les écluses...

A couple avec les autres catamaran avant de rentrer dans les écluses...

Le Lagoon s'est désaccouplé du radeau et se place entre le Roro et nous.... L'eau monte dans les écluses et les portes se fermentLe Lagoon s'est désaccouplé du radeau et se place entre le Roro et nous.... L'eau monte dans les écluses et les portes se ferment
Le Lagoon s'est désaccouplé du radeau et se place entre le Roro et nous.... L'eau monte dans les écluses et les portes se fermentLe Lagoon s'est désaccouplé du radeau et se place entre le Roro et nous.... L'eau monte dans les écluses et les portes se ferment

Le Lagoon s'est désaccouplé du radeau et se place entre le Roro et nous.... L'eau monte dans les écluses et les portes se ferment

Dans les écluses, après la montée des eaux....Dans les écluses, après la montée des eaux....

Dans les écluses, après la montée des eaux....

La traversée Lac Gatun prendra environ 4 à 5 heures. C’est là, après questionnement de notre pilote, que l’on apprend que c’est la première fois qu’ils tentent un radeau de 3 gros catamarans, nous avons donc servi de test… Durant la traversée du Lac, Pascal questionne notre pilote pour savoir comment nous allons passer les 3 autres écluses. D’abord, il nous répond que nous allons passer à couple avec le Lagoon, puis 1 heure après, on doit passer avec deux monocoques qui  sont au mouillage dans le Lac Gatun car ils ont passé les 2 premières écluses la veille. Enfin, il nous annonce qu’il ne sait pas. Cela prouve bien que c’est de la pure improvisation, qu’ils sont totalement désorganisés ! 
 

Dans le Lac Gatun....
Dans le Lac Gatun....Dans le Lac Gatun....
Dans le Lac Gatun....Dans le Lac Gatun....

Dans le Lac Gatun....

Avant d’arriver dans la l’écluse de Pedro Miguel, le Cargo Isabella Islands nous attend, il est stoppé par deux remorqueurs, nous devons passer devant lui dans l’écluse, donc il nous faut le doubler. Là encore, ce n’est qu’hésitation de la part de notre adviser : Allez-y - Non, stoppez tout - Maintenant Allez-y - Non, stop ! Allez-y - Non, attendez… Enfin, ça dure quelques minutes. Du coup, lorsque l’on a l’ordre définitif d’y aller, il est plus que tant, nous devons slalomer dans un couloir étroit et nous prenons le bouillon des remorqueurs, le Coyote manque de partir en tête à queue !!! 
Dans l’écluse de Pedro Miguel nous nous mettons à couple avec un transporteur de touristes. Le passage se passe bien, du coup c’est eux qui gère la descente de l’eau. Derrière nous dans l’écluse, nous avons le cargo Isabella Islands. Les portes s’ouvrent, nous lâchons le transporteur de touristes, il y a un bon mille à faire afin de rejoindre les écluses de Miraflores…
Les deux écluses suivantes se passent dans les mêmes conditions avec obligation d’accoster le bateau de touristes à l’intérieur de l’écluse et la même obligation de se larguer de se bateau lors de l’ouverture des portes, rendant les manoeuvres à l’intérieur des écluses très difficiles à cause du courant et des rafales de vent
A la dernière écluse Pascal reprend à deux fois la manoeuvre d’approche. A la première tentative nous manquons d’arracher l’enrouleur du Speejonk, le vent nous pousse dangereusement, heureusement que nous l’avions blindé d’un pare-battage ! La deuxième tentative est la bonne. Nous galérons à reprendre l’amarre arrière, évidement l’advisor à serré à bloc l’amarre de garde, heureusement que Pascal s’en aperçoit…. Décidément, cet advisor n’est pas une aide pour nous, bien au contraire ! Une fois l’eau descendue, c’est encore la panique, les portes ne sont encore pas totalement ouvertes et le pilote nous ordonne de nous décrocher… Pascal nous ordonne d’attendre, le transporteur de touristes, lui, lâche déjà ses amarres… Pascal pousse alors ses moteurs à fond pour décoller le Coyote du transporteur et nous sortons de l’écluse à vitesse maximale… La catastrophe a encore été évitée de justesse… A 16 h, nous mouillons à La Playita !
Nous voilà dans le Pacifique ! mais ça n’aura pas été sans mal. Quelle journée !!! Nous avons mis seulement 9h00 pour faire la traversée, c’est très peu, la plupart des voiliers le fait en 2 jours, ce que nous aurions bien sur préféré ! 

Le passage en images....Le passage en images....
Le passage en images....Le passage en images....

Le passage en images....

Le bateau de touristes / Départ de notre Advisor / le Pont des Amériques Le bateau de touristes / Départ de notre Advisor / le Pont des Amériques
Le bateau de touristes / Départ de notre Advisor / le Pont des Amériques

Le bateau de touristes / Départ de notre Advisor / le Pont des Amériques

Les portes des écluses....Les portes des écluses....
Les portes des écluses....Les portes des écluses....Les portes des écluses....

Les portes des écluses....

Voici la vidéo de notre passage du Canal du Panama :

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